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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 18:16

schulz.jpgUn nouveau Parlement pour la zone euro ? Pas encore. Mais Martin Schulz propose la création d'une Commission parlementaire "zone-euro" dont le Royaume-Uni serait exclu.

 

De quoi donner raison à Jean Quatremer qui écrivait justement aujourd'hui à propos du traitement des britanniques: "Ceux qui refusent de s’associer à la fédéralisation de l’Union vont en payer le prix."

 

Car, les partisans d'une Europe plus intégrée veulent désormais avancer.
Comme l’indique le journaliste à Libération, « la logique voudrait que la zone euro dispose de ses propres institutions ».

Et, à la question « Est-il concevable que des députés européens non membres de la zone euro votent sur des mesures qui ne les concernent pas, comme l’émission d’euro-obligations ? », sa réponse est sans détour : « Évidemment non ».

 

L’idée n’est pas neuve.

 


En janvier dernier, Jean Leonetti soumettait une proposition, déjà évoquée en novembre 2011 par l’ancien ministre des Affaires étrangères allemand Joschka Fischer : « Il faut un Parlement de la zone euro, qui pourrait être alimenté par les Parlements nationaux »
Bien que cette institution parallèle n’ait qu’une vocation consultative, les contrariétés s’étaient alors révélées nombreuses, jugeant la proposition contraire à la méthode communautaire et au renforcement du Parlement européen.

 

Plus récemment, c’est encore un membre du gouvernement français (cette fois socialiste) qui s’engage dans la même démarche.


Devant les eurodéputés, le 4 décembre dernier, Pierre Moscovici a suggéré que le Parlement européen s’inspire de l’Eurogroupe pour traiter des questions liées à la monnaie unique. Selon lui, il conviendrait de créer une Commission de la zone euro, composée uniquement de députés des pays qui ont adopté la monnaie unique.

 

Une proposition qui n’est pas sans rappeler celle de Pervenche Bérès, eurodéputé socialiste membre de la Commission économique et monétaire, qui proposait il y a quelques mois de créer une sous-commission composée exclusivement de députés issus de la zone euro.


Cette proposition avait été accueillie froidement par ses collègues parlementaires.

 

Un souci qui semble toujours d’actualité au sein de l’hémicycle européen.


Lors de sa visite au Parlement européen le 7 novembre dernier, la chancelière allemande avait tenu à rassurer les parlementaires inquiets, remettant en cause la proposition visant à créer un ‘’mini parlement’’ pour la zone euro.

 

 

Très surprenante est, dans ces conditions, la toute récente prise de position du Président du Parlement européen.

 

Ce matin, Martin Schulz, devant la conférence des présidents, a ni plus ni mois proposé la création d’une Commission (ou d’une sous-commission) consacrée à la zone-euro.
Cependant, contrairement aux initiatives précédentes, cette Commission serait ouverte :
- aux Etats membres de la zone euro
- aux Etats membres ayant vocation à y entrer (c'est-à-dire ceux n’ayant pas explicitement refusé, par le passé, l’adoption de la monnaie unique)
- au Danemark (car ce dernier a signé le Pacte budgétaire et a une monnaie nationale arrimée à la monnaie unique).
 

Calculez bien, seul un Etat serait finalement exclu de la Commission : le Royaume-Uni.

 

Une proposition qui, sans aucun doute, manque à la fois de tact et de courtoisie.

 

Une proposition dont on ne comprend pas vraiment l'intérêt étant donné que, même si cette "Commission zone-euro" serait chargée de l'examen préalable des textes la concernant, ces derniers seraient de toute façon approuvés en séance plénière: députés britanniques inclus.

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commentaires

CVT 07/12/2012 00:09

Bonsoir Magali,

C'est la première fois que j'interviens sur votre site. Je voulais vous dire bravo pour votre travail de moine bénédictin, étant donné le fatras institutionnel qu'est l'Union Européenne!

Le parlement européen n'est qu'un théâtre d'ombres: légalement, il n'a aucun pouvoir de proposition! Martin Schulz se fait juste mousser! Encore la preuve que notre salut ne viendra pas de ce
côté-la.
Le problème avec des européistes comme Schulz, c'est la fuite en avant: en voici une nouvelle preuve avec cette proposition excluant de fait le Royaume-Uni. Vous parlez de discourtoisie à son
égard, mais je crois que c'est mérité, vu son passif dans l'histoire de la "construction européenne".
Je suis très loin d'être un fan des britanniques en général (anti-français, trop libéraux et trop atlantistes à mon goût), mais sur la question de la souveraineté monétaire et des frontières, je
reconnais qu'ils marquent des points: ils sont sur le chemin du redressement de leur économie grâce à la monétisation de leur dette; chose impensable dans la zone Euro, qui s'enfonce dans la ruine
générale. Les Britanniques sont également les moins aliénés à l'idée européenne, donc ils ont plus de latitude pour trouver des solutions aux problèmes rencontrés par le pays. J'avoue que je serais
curieux de les voir sortir de l'UE, juste pour démontrer que c'est possible...

Sinon, comme le souligne Florent, les mots sont importants: les partisans de l'UE parlent d'un budget fédéral car ils présument l'existence d'une nation européenne! L'ennui, c'est que le
fédéralisme est un mode d'organisation d'un état: IL NE PRECEDE PAS SON EXISTENCE! C'est la raison pour laquelle tous les projets d'intégration européennes sont voués à l'échec dans un cadre
démocratique qui respectent les souverainetés nationales et populaires. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'UE est a-démocratique: elle est obligée de passer au-dessus des volontés
nationales pour exister. Elle profite également de la corruption morale des élus des différents gouvernements des pays membres, qui ont abandonné la défense des intérêts nationaux pour investir
dans une chimère européenne.

Florent 06/12/2012 23:08

Moi je suis anti-Europe supranationale et fédérale, qu'elle soit libérale, socialiste ou que sais-je. Je n'en veux pas, le peuple européen n'existe pas, chacun doit retrouver tous ses pouvoirs et
simplement faire des projets ensemble comme ont a pu faire avant (Airbus etc, faire des alliances dans la recherche, scientifiques, universitaires).

Mais si on se place dans un désir d'Europe fédérale, il m’apparaît évident qu'il faut que les pays hors zone euro quittent l'UE. Qu'ils signent des traités de libre-échange avec l'UE s'ils veulent,
des accords, mais qu'ils n'en soient plus. On imagine pas les Etats-Unis d'Amerique avec quelques Etats zone dollar et d'autres avec leur monnaie etc. Si Etats-Unis d'Europe il y a il faut que seul
les membres de l'eurozone soit dans l'UE. Là tu peux faire un parlement européen, un sénat européen, un gouvernement européen et un président européen. Les présidents des Etats deviennent des
gouverneurs comme aux USA, les parlements nationaux de parlements d'Etats-régions etc. S'ils font ce genre de "commission eurozone" ou continue avec une UE élargie et une UE eurozone ça n'a aucun
sens.