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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 20:37

 

Le 16 novembre 2011, le Parlement européen, réuni en plénière à Strasbourg, a accueilli dans l’hémicycle Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, pour un débat qui devait porter sur la gouvernance économique européenne.


 

Pour ce qui est des interventions des trois dirigeants européens, je vous renvoie vers l'excellent article de EuropaForum.lu qui a retranscrit de façon très complète les discours des trois invités.

 

De mon coté, j'ai souhaité, par cet article, vous informer des interventions tenues par nos eurodéputés français.

Se sont en effet exprimés les eurodéputés Joseph Daul, au nom du groupe PPE, Daniel Cohn Bendit, au nom du groupe Verts/ALE, ainsi que Sylvie Goulard (ALDE), Jean-Paul Gauzès (PPE) et Pervenche Berès (S&D).

 

 

http://91.68.209.12/bmi/www.europaforum.public.lu/pictures/photos/photos-aktuelles/2011/11/pe/11-16-pe-joseph-daul-c-pe_180_thumb.jpg« La solution c'est l'Europe. Je pense que certains présidents l'ont compris. Ceux qui ne l'ont pas compris sont remplacés; c'est une très bonne chose. » (Joseph Daul)

 

 

Pour Joseph Daul, la solution, c’est plus d’Europe, c’est plus d’intégration.

Selon son analyse, la crise n’est pas une crise de l’euro, mais « le résultat de l'erreur qui a consisté à créer une monnaie sans la doter de la gouvernance nécessaire pour la faire fonctionner ». Il compare la situation de l'Europe à une maison en feu. Comme des soldats du feu, les dirigeants européens doivent se mettre au travail sans tarder: « Nous ferons la synthèse après le feu: on regarde ce qu'on a perdu et ce qu'on peut améliorer ».

 

Le chef du groupe PPE pointe l’importance de la gestion de la crise qui est source de divisions en Europe et il insiste sur la nécessité de ne pas mettre sur la touche les pays qui ne font pas partie de la zone euro mais dont certains, comme la Pologne, font cependant des efforts courageux. « N’abandonnons pas la méthode communautaire », résume-t-il, estimant que tous les États membres peuvent apporter leur contribution. Joseph Daul a donc lancé un appel à la Commission à préserver la cohésion de l’Europe.

 

S’il convient qu’il faudra certainement une adaptation majeure du traité, Joseph Daul le conditionne cependant à un débat ouvert et démocratique et à l’établissement d’une convention. Pour autant, il ne faut pas perdre de vue selon lui l’objectif, à savoir mettre en place une gouvernance crédible, mais aussi mettre en œuvre rapidement les décisions prises et viser une intégration qui soit à la fois économique et sociale.

 

 

« L'Europe n'est pas plus efficace parce que la ligne de téléphone européenne est à Berlin et qu'il y a une petite ligne secondaire à Paris. Cela ne fait pas une Europe unifiée. » (Daniel Cohn Bendit)

 

 

De son coté, Daniel Cohn Bendit s'est lancé dans un discours – bien qu'assez décousu – très critique envers le Conseil et la Commission. « Cela ne suffit pas », a-t-il lancé, critiquant la méthode intergouvernementale, mais également des « politiques qui démissionnent ».

 

A ses yeux, il convient d’avancer vers la création d’euro-obligations, mais aussi sur les investissements nécessaires. « Il faut mettre Keynes à Bruxelles, les États nations ne peuvent pas investir seuls », a-t-il déclaré. Il a pointé du doigt "un spread" qui n’est pas celui entre les taux d’intérêt, mais celui entre les salaires minimaux, s’en prenant vivement à la politique économique de l’Allemagne, caractérisée selon lui par des déséquilibres commerciaux et de fortes inégalités sociales et qui est à ses yeux pure "folie".

http://91.68.209.8/bmi/www.europaforum.public.lu/pictures/photos/photos-aktuelles/2011/11/pe/11-16-pe-daniel-cohn-bendit-c-pe_180_thumb.jpg

 

Quant à un éventuel changement de traité, là-encore, cela ne serait possible pour Daniel Cohn-Bendit qu’à condition que Parlement européen et parlements nationaux, c’est-à-dire une convention, en soient les artisans.

 

 

« Si on se fie aux doutes de Mme Merkel, on va dans le mur. Alors oublions les doutes de Mme Merkel, je vous en supplie! » (Daniel Cohn Bendit)

 

 

Sylvie Goulard (ADLE) a insisté pour que le Parlement européen soit associé afin de « dissiper l’impression de manque de démocratie », se faisant l’écho d’une préoccupation récurrente des parlementaires.

Jean-Paul Gauzès (PPE) a insisté en ce sens, rappelant qu’il faut « avant tout convaincre les citoyens, avant de chercher à convaincre des marchés qui ne seront jamais satisfaits ».

« Nous attendons des mesures ambitieuses pour ce qui est d’une représentation extérieure de la zone euro et pour les euro-obligations », a lancé encore Sylvie Goulard, résumant ainsi la position de nombre d’eurodéputés.

 

 

« Il ne peut y avoir de gouvernance économique fédérale en Europe sans que ces grandes orientations ne soient codécidées par le Parlement européen et sans que leur déclinaison au niveau des États membres ne soit codécidée par les parlements nationaux.

Prendre des raccourcis avec la démocratie, c'est le moyen le plus sûr de l'affaiblir. Il y a assez de personnes qui espèrent cela en Europe, nos concitoyens ne l'accepteront pas. » (Philippe Lamberts)

 

 

Pervenche Berès (S&D), revenant sur le semestre européen, a réaffirmé la nécessité d'associer plus étroitement le Parlement européen. En effet « si ce semestre européen doit être un débat d'orientations politiques, il n'y aura, alors, pas de gouvernement économique sans Parlement impliqué, associé qui dit son mot ». A ce titre, elle propose que dans l'exercice 2012, le Parlement puisse faire des propositions d'amendements à l'orientation annuelle de croissance.

 

Philippe Lamberts (Verts/ALE) enfonce le clou. S'il admet que « la Commission doit être le gouvernement économique de l'Union », il regrette que « les options politiques soient choisies derrière des portes fermées entre le Conseil et la Commission ».

Selon lui, la seule information accordée au Parlement est insuffisante. Il pointe également du doigt le manque de démocratie interne à chaque État membre: « ce que fait Mme Merkel à chaque tournant important lorsqu'elle consulte le Bundestag, combien de chefs d'État et de gouvernement le font à l'égard de leur parlement? ».

 

 

Au delà des clivages partisans, on retrouve dans les interventions des eurodéputés français des opinions partagées: la nécessité de la croissance, le souci de convaincre les citoyens, l'idée selon laquelle toute modification du traité ne pourra se faire que dans le cadre d’une convention. De même, ceux-ci se montrent globalement séduits par l'idée de mettre en place des euro-obligations.

Relativisons cependant cette ambition commune. En effet, les souverrainistes (de gauche comme de droite) ne se sont pas exprimés lors de ce débat.

 

 

Sources:

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